Avis de Soutenance de Thèse de Doctorat présentée par : Abdelmajid BECHCHARI

                                                                                   AVIS DE SOUTENANCE

DE THESE DE DOCTORAT

 

Présentée par :                  Monsieur Abdelmajid BECHCHARI

Domaine :                        Sciences agronomiques et agro-alimentaires

 

Unité de Recherche :       Alimentation, Qualification et Environnement des Productions Animales

Intitulé de la thèse :         Changements du système pastoral des communes de Beni Mathar et Maatarka (Hauts plateaux – Maroc Oriental)

 

Membres du jury:

Pr  Ahmed EL AICH, de l’IAV Hassan II (Directeur de thèse)

Pr Bouamar BAGHDAD, de l’IAV Hassan II (Membre du comité de thèse)

Pr Hamid MAHYOU, de l’INRA  Oujda (Membre du comité de thèse)

Pr Mohamed ADERGHAL, de l’Université Mohamed V, Rabat (Rapporteur)

Pr Alain BOURBOUZE, de l’IAM Montpellier (Rapporteur)

Pr Moha EL AYACHI, de l’IAV Hassan II, Rabat (Rapporteur)

Pr Mohammed ISMAILI, de l’Université My Ismail, Meknès (Examinateur)

 

Date :                               Mardi 24 janvier 2017 à 9h30

Lieu :                               Salle de Conférences

 

Résumé de thèse

Le système pastoral steppique des Hauts Plateaux du Maroc oriental est caractérisé par l’étendue de ces parcours et la dominance de l’élevage des petits ruminants. Ce travail vise l’étude des changements de ce système en analysant la dynamique de la végétation et la conduite des troupeaux, particulièrement à Béni Mathar au Nord et à Maâtarka au Sud. Les hypothèses de travail accusent dans la dynamique étudiée, i) la régression des bonnes formations végétales qui affecte l’offre fourragère sur parcours, et suppose ii) la baisse des effectifs des animaux conduits sur parcours.

L’étude historique de la société pastorale, approchée par les informations secondaires et les connaissances locales, est suivie par l’analyse des causes du changement du système pastoral de la zone menée selon le modèle FPEIR. La dynamique de la végétation est approchée par l’analyse multidates des cartes des occupations des sols en 1970, 1988 et 2013 parallèlement à l’examen des séries climatique et à l’évolution des effectifs du cheptel élevés sur parcours. Les stratégies d’adaptation aux changements sont identifiées moyennant des enquêtes individuelles (85) et lors des ateliers participatifs.

Les prospections historiques témoignent d’une forte capacité d’adaptation de la société pastorale malgré les multiples perturbations dues essentiellement au besoin sécuritaire par le passé, aux effets anthropiques et des sécheresses, et le recours au camion pour déplacer les troupeaux. La dynamique des parcours observée depuis les années soixante-dix témoigne de la disparition des sites pastoraux en bon états ; continuellement substitués par des espaces défrichés et des formations dominées par des espèces indicatrices de la dégradation. Cette dynamique s’accompagne aussi d’une baisse de la matière sèche produite estimée annuellement à 5 et 2 kg en moyenne à l’hectare respectivement entre 1970-1988 et 1988-2013. Les données pluviométriques de la zone montrent des variations spatio-temporelles très importantes avec une tendance à la baisse des moyennes annuelles. Les indices utilisés (Indice de pluviosité, cumules des écarts proportionnels, indice de sécheresse, l’Indice Standardisé des Précipitations) reflètent une rupture climatique plus souscrit à Béni Mathar pendant les années 70 comparée à Maâtarka qui manifeste juste un déclin en 1968. On note la perte en années humides en faveur d’années modérément à sévèrement sèche au nord et le gain en années humides mais aussi en années extrêmement sèches au sud. L’effet climatique sur la dynamique de la végétation semble amplifier plus l’effet des facteurs anthropozoïques. L’analyse des effectifs dévoile un accroissement annuel moyen pour les ovins de 2.7% à Béni Mathar et de 3 % à Maâtarka (6,2 et 5,2 % respectivement entre 1990 et 2000). L’accroissement est remarquable pour les caprins après 2004 (7,8 et 8,9 % respectivement). La capacité des grands éleveurs (plus de 200 têtes) est plus intéressante en arrivant à mieux faire face aux effets de la dégradation des parcours et aux déficits alimentaires que les petits éleveurs (moins de 50 têtes) continuellement menacés par l’abandon de l’élevage. Le collectif a été réduit au fil des années à une reconnaissance limitée à des groupes ethniques déterminés. L’exploitation des ressources, faisant appel aux quartiers toponymiques, est sujette surtout d’un ‘rapport de force’ non corrélé au effectif possédé ou à la taille du groupe social dominant.

 

Mots-clés : Maroc oriental, pâturages, dégradation des parcours, analyse mutlidates, climat, stratégies d’adaptation, Béni Mathar, Maâtarka.

INVITATION GENERALE