Avis de Soutenance de Thèse de Doctorat présentée par : DRIF Kamar

     AVIS DE SOUTENANCE

        DE THESE DE DOCTORAT

 

Présentée par :                  Ms DRIF Kamar

Domaine :                        Sciences vétérinaires

Unité de Recherche :       Epidémiologie et pathologie des maladies animales, émergentes et ré-émergentes

Intitulé de la thèse :         Caractérisation épidémiologique et moléculaire du virus de la bluetongue au Maroc

 

Membres du jury:

Pr Ouafaa FASSI FIHRI , IAV Rabat (Directrice de thèse)

Pr Mohammed BOUSLIKHANE, IAV Rabat (Membre du comité de thèse)

Dr Mehdi EL HARRAK, Clinvet Maroc - Expert OIE, FAO (Membre du comité de thèse)

Pr Said ALALI, IAV Rabat (Rapporteur)

Pr Hamid SAHIBI, IAV Rabat (Rapporteur)

Pr Stephan ZIENTARA, ANSES, France (Rapporteur)

 

Date :                       Lundi 10 juillet 2017 à 10 heures

Lieu :                       Salle de conférences, IAV Rabat

 

Résumé :

La fièvre catarrhale ovine ou bluetongue BT est une maladie virale, non contagieuse, transmise par des moucherons piqueurs du genre Culicoides et touche majoritairement les moutons. Le virus responsable de la BT (BTV) est un Orbivirus de la famille des Reoviridae. Au Maroc, deux sérotypes sont déclarés depuis 2004 (BTV-1 et 4). Le but du présent travail est la caractérisation épidémiologique et moléculaire de ce virus au Maroc.

La première partie a été consacrée à une analyse épidémiologique des différentes épidémies survenues dans le pays. Une actualisation des données sur le virus a été effectuée en se basant sur les différentes analyses de laboratoires ainsi que sur des enquêtes sérologiques portées sur les bovins et les dromadaires du sud.

Les résultats de cette première partie nous ont aidés à suivre la dynamique des BTV-1 et 4. Ce dernier s’est montré plus dominant en s’étendant sur de nouvelles régions du royaume. De 2009 à 2012, le BTV-4 a été détecté dans 73% des sangs testés et 79% des sérums. Les différentes enquêtes sérologiques ont montré une séroprévalence très élevée du BTV8; ovins (29,2%),  bovins (42,0%) et dromadaires (42,2%). On a noté également des co-séroprévalence élevées chez les bovins ; 54,9 % (BTV8/1), 36,0%  (BTV8/4), 24,5% (BTV4/1) et 23,5 % (BTV-1/4/8). La prévalence des autres sérotypes recherchés chez les dromadaires a été caractérisée par une présence importante des sérotypes BTV8, 1, 4 et pour la première fois le sérotype 14 et 16, en suivant l’évolution de ce dernier de 2010 à 2013 ceci semble être le prochain virus à émerger au Maroc (en moyenne sa séroprévalence générale est de 22,4 % entre 2010 et 2013).

En se basant sur les résultats précédents, on a pu sélectionner des isolats viraux de chaque épidémie. L’analyse phylogénétique de séquences nucléotidiques et d’acides aminés codés par les segments (1-10) de 6 souches isolées au Maroc, a été effectuée par la méthode classique (Sanger).Les souches virales MOR/ BTV4 de 2014, elles ont été analysées grâce à une nouvelle technique de séquençage Next Generation Sequencing (NGS). Les isolats de BTV-1 pour toutes les souches séquencées (2006, 2009 et 2010) ont donné des séquences étroitement liées à la souche algérienne BTV1/2006 offrant 99% d’homologie. Les autres souches BTV4 séquencées ont montré la présence de BTV réassortant. En fait, le BTV4R/2009 est un réassortant portant des segments de BTV4 et de BTV1.Le génome de BTV4R/2010 a d'autres segments de BTV1 et 8, ceci confirme une deuxième fois la circulation de réassortants. En effet, la phylogénie du BTV/4 isolé en 2014 a montré la présence d’un autre réassortant BTV4 mais avec de nouveaux virus 2, 3 et 9. Ainsi l'analyse phylogénétique a montré que le nouveau virus comporte des topotypes différents (western) 2 et 4 et (eastern) 3 et 9.

Bien que l'alignement des isolats ait montré plusieurs réassortiments par rapport à la souche MOR/BTV4, les souches vaccinales n’ont pas été incriminées dans ce processus.

Dans le but d’évaluer l'impact de l'infection par les réassortants de 2009 et de 2010 chez les ovins, deux groupes d’animaux ont été inoculés par le BTV-1 et 4: le groupe BTV1 a montré une susceptibilité à développer la maladie sur le plan immunologique et virémique. Par contre chez le groupe BTV4, la production d’anticorps anti BTV et l’ARN viral a été faiblement détecté après inoculation du virus. La variation de signes cliniques a suivi la même courbe que celle observée dans les résultats de la RT PCR même si ceux d'ELISA ont été faiblement positifs chez les animaux inoculés par BTV4 par rapport à ceux inoculé par BTV1. Cette expérimentation pourrait nous aider à la mise au point d’un modèle clinique adapté aux conditions et races marocaines, afin d’étudier la pathogénicité des différents virus et réassortant présent au Maroc.

A la lumière de ces résultats épidémiologiques et moléculaires, l’instauration d’un réseau sentinelle au Nord de l’Afrique serait utile pour la prévention de la maladie, l’espèce cameline et bovine peuvent apporter plus d’informations si elles sont utilisées  comme sentinelles. Nous proposons également l’amélioration des études phylogéniques sur les souches circulantes. Par ailleurs, la conception du vaccin inactivé ou de nouvelle génération semble être une solution efficace et la stratégie vaccinale devrait tenir compte de l'évolution constante du BTV dans le monde.

 

Mots clés: Virus de la fièvre catarrhale ovine, Epidémiologie, Isolement, Caractérisation moléculaire, Phylogénie.